Vous le savez, tout automobiliste, qu’il soit un personnage public ou non, célèbre ou inconnu, est susceptible de se rendre responsable d’une infraction au code de la route. Du coup, vous le savez également, tout automobiliste, à l’exception notable de Olivier Marleix, est passible de l’amende correspondant à l’infraction dont il s’est rendu coupable.

C’est donc dans ces conditions que Jean Chabry, maire de Jujurieux (sans étiquette), a été placé en garde à vue après un accident de la circulation, nous rapporte la rédaction du Progrès.fr du 20 février 2012.
Pourquoi diable cet élu a-t-il été placé en garde à vue, vous demandez-vous, alors même qu’une amende assortie d’un retrait de points sur le permis, voire même l’annulation dudit permis et/ou l’immobilisation du véhicule sont des sanctions régulièrement prises à l’encontre des contrevenants aux dispositions du code de la route ?
C’est sans doute que la faute était lourde, vous dites-vous. Et vous n’avez pas tort. Il convient de rappeler les faits qui ont conduit Jean Chabry à passer 24 heures en garde à vue : la scène se passe à Lyon vers 18 heures, sur le périphérique. Heure de pointe oblige, sur le boulevard Laurent Bonnevay, des embouteillages commencent à se former et les automobilistes n’ont d’autre choix que celui d’immobiliser leurs voitures.
Un pilote aurait ainsi déboulé à vive allure et, n’ayant pas le temps de freiner, aurait percuté la voiture devant lui, entraînant comme souvent dans ce genre de situations, un carambolage. Le pilote, on vous le donne en mille, était Jean Chabry.
Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, on se dit qu’il n’est pas utile d’accabler davantage l’auteur de l’accident qui n’a vraisemblablement pas eu le temps de freiner. Mais, c’est aussi ici que ça se corse. Selon les témoins présents sur place, Jean Chabry serait sorti de son véhicule pour constater les dégâts qu’il avait occasionnés et il les aurait jugé minimes, à tel point d’ailleurs qu’il n’a pas senti la nécessité d’établir un constat amiable, ni même de rester sur place…
Ce qui en droit pénal, s’appelle un délit de fuite…. Ce qui (du coup) est passible de 2 ans d’emprisonnement et d’une amende de 30000 euros, du retrait de 6 points sur le permis de conduire, de l’annulation du permis pendant 3 ans ou plus, d’une peine de travail d’intérêt général, etc…. Inutile ici d’exposer les conséquences d’un délit de fuite sur l’assurance auto tant tout le monde sait qu’elles sont lourdes et peuvent mener bonnement et simplement à la résiliation sans sommation du contrat par l’assureur.
Donc, notre élu, non content d’avoir pris la fuite sur les lieux de l’accident, a vainement réitéré son délit alors même qu’il était pris en chasse par une patrouille de police. Intercepté quelques minutes plus tard, Jean Chabry a finalement été jugé et il a écopé de 6 mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois, d’une obligation d’indemniser les victimes et d’une annulation de permis avec interdiction de le repasser pendant 12 mois.
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